Les suppléments de vitamine D sont dangereux—Le soleil et l'alimentation déterminent la santé - Newsletter du Dr. McDougall

Traduction Nico Starchivore

 

Les inquiétudes au sujet de la vitamine D, appelée autrefois "la vitamine du soleil", ont poussé des centaines de millions de gens à devenir des patients ayant une santé pire, pas meilleure. Les dernières analyses (probablement les analyses finales) des études réalisées sur le traitement des gens avec des suppléments de vitamine D ont montré que ce business multimilliardaire ne fonctionne pas. Après avoir examiné en détail les résultats de près d'un quart de million de personnes dans 46 grands essais aléatoires, les auteurs concluent :

"Nos résultats suggèrent que la supplémentation en vitamine D avec ou sans calcium ne réduit pas de plus de 15% les incidences squelettiques ou non-squelettiques chez les individus vivant en communauté prise au hasard. Les futurs essais avec des modèles similaires ne sont pas susceptibles de modifier ces conclusions".

 

Les suppléments de vitamine D sont si impuissants que les bénéfices des suppléments ne peuvent être envisagés que seulement en cas de besoin extrême, comme avec des femmes âgées institutionnalisées (et même alors les bénéfices sont une combinaison de vitamine D et de calcium, pas de vitamine D seule). En d'autres termes, si on peut pousser grand-mère sur sa chaise roulante jusqu'à la terrasse extérieure plusieurs fois par semaine, elle réduira son risque de fractures bien au-delà des bénéfices espérés quand on prend des pilules ou des injections de vitamine D.

 

Les suppléments de vitamine D Augmentent les fractures des os

 

Deux grands essais aléatoires contrôlés ont montré un risque accru de fractures avec de fortes doses de suppléments de vitamine D annuelle.

 

1) Dans l'étude ''Wessex" britannique, 9440 participants vivant en milieu communautaire, âgés de 75 à 100 ans, ont été répartis au hasard pour recevoir une injection annuelle de 300 000 UI de vitamine D2 ou un placebo chaque automne pendant trois ans. Le groupe de la vitamine D a montré une augmentation du risque de fracture de la hanche et de la jambe (fémur) de près de 50%.

 

2) Dans l'étude en Australie 2256 femmes vivant en milieu communautaire âgées de 70 à 92 ans ont été réparties au hasard pour recevoir une dose orale annuelle de 500 000 UI de vitamine D3 ou un placebo. Celles qui prenaient le supplément avaient une augmentation du taux de chutes de 15% et une augmentation du taux de fractures de 26%.

 

Le mécanisme des conséquences fâcheuses de ces incidents est inconnu, mais la supplémentation peut entraîner une faiblesse musculaire et des déséquilibres du système nerveux qui se traduisent par plus de chutes et de fractures. La recherche scientifique a montré que les suppléments de vitamine D peuvent également augmenter le «mauvais» cholestérol LDL (maladie cardiaque), le cancer de la prostate, une suppression du système immunitaire, des maladies auto-immunes, des symptômes gastro-intestinaux, des maladies rénales, et des calculs rénaux de calcium.

 

Le mythe de la maladie de la vitamine D

 

L'engouement des industries médicales et pharmaceutiques avec la vitamine D a commencé lorsque les chercheurs ont correctement observé que l'incidence des maladies chroniques courantes, telles que l'obésité, les maladies cardiaques, le diabète de type 2, et la sclérose en plaques étaient plus fréquentes chez les populations dont les gens vivaient loin de l'équateur et près des pôles Nord et Sud. Étant donné que même un enfant d'âge scolaire sait que le soleil est plus chaud près de l'équateur, l'investigation cherchant la cause des maladies épidémiques est devenue la recherche sur l'exposition au soleil. Enfin, pas exactement le soleil, mais plutôt un produit métabolique du soleil : le sérum 25-hydroxyvitamine D dans le sang. Plutôt que de recommander l'évidence—plus de soleil—le remède de la médecine traditionnelle a été fabriqué sous les formes de vitamine D orale et injectable. Aux États-Unis entre 2002 et 2011, les ventes de suppléments de vitamine D ont augmenté de plus de 10 fois, de 42 millions de dollars à 605 millions de dollars.

 

 

Le lien avec l'alimentation a été raté

 

Plus de 100 ans de laboratoire et de recherche clinique ont établi le lien de causalité entre l'alimentation riche occidentale (abondante en aliments d'origine animale et en huiles végétales) et les maladies chroniques courantes. Les changements géographiques observés avec la vitamine D et, plus précisément, la quantité de soleil, sont également conformes à cette recherche incriminante. La vraie raison de cette corrélation est quand les populations migrent de l'équateur vers des climats plus tempérés, leur approvisionnement en nourriture change naturellement.

 

Les saisons d'automne, d'hiver et du printemps sont des périodes de faible productivité alimentaire par les plantes : les fruits des arbres et des arbustes ont mûri à la fin de l'été; les cultures de blé et de maïs ont toutes été récoltées à l'automne. Pour survivre, les personnes vivant le plus loin de l'équateur ont compté davantage sur la viande, la volaille, le poisson et les produits laitiers pour les calories. La concentration de la richesse financière humaine dans les latitudes nord et sud d'aujourd'hui a perpétué cette inégalité dans la distribution alimentaire. Les gens riches consomment des aliments plus riches. Les pays pauvres ont traditionnellement été équatoriaux, et leurs aliments ont été les haricots, le maïs, les pommes de terre, le riz, et autres féculents.

 

La quantité d'ensoleillement est accessoire et les niveaux de vitamine D dans le sang ne sont pas pertinents. La nourriture est la cause des maladies chroniques les plus courantes : l'obésité, les maladies cardiaques, le diabète, la sclérose en plaques et le cancer.

 

Les maladies chroniques provoquent une vitamine D basse

 

Consommer une alimentation occidentale provoque des maladies chroniques courantes graves. Dans le but de guérir, le corps réagit avec des processus de réparation qui incluent une inflammation. L'une des réponses à cette inflammation est la diminution du taux sérique de 25-hydroxyvitamine D dans le sang. Donc un faible taux de vitamine D dans le sang est le résultat d'être malade, pas la cause de la maladie. C'est la raison principale pour laquelle les études utilisant des suppléments de vitamine D n'ont jamais montré de bénéfice pour les patients atteints de maladies chroniques courantes. Les déséquilibres métaboliques créés par l'administration de cette substance non naturelle peut effectivement être responsable de l'augmentation des chutes, des fractures, et d'autres dommages. (La vitamine D est une hormone synthétisée à l'aide de la lumière du soleil, elle n'a pas été conçue pour la consommation orale ou par injection).

 

Des études montrent, en plus des processus de guérison, que même nos choix alimentaires basiques conduisent à une inflammation. La consommation de viande et d'autres aliments d'origine animale augmente l'inflammation alors que les céréales et les légumes diminuent l'inflammation. Donc un faible taux de vitamine D ne provoque pas d'obésité, de maladies cardiaques, de diabète, de sclérose en plaques et de cancer, mais résulte plutôt des maladies (et des aliments qui ont causé ces maladies chroniques).

 

L'épidémie d'obésité a ajouté l'épidémie de carence en vitamine D. Parce que la vitamine D est liposoluble, l'excès de graisse corporelle va retirer la vitamine D de la circulation, contribuant ainsi à des niveaux inférieurs.

 

Il y a du soleil à Seattle

 

Pour une excellente santé, les gens doivent prendre le soleil; il n'y a pas de substitut. La quantité de soleil requise dépend de la pigmentation de la peau. Pour une personne à peau claire, exposer le visage, les bras et les mains cinq minutes au soleil de midi deux à trois fois par semaine à la latitude de Boston au printemps, en été ou en automne va amener le corps à produire suffisamment de vitamine D pour répondre à tous ses besoins. Les indiens d'Asie peuvent exiger trois fois plus d'exposition, et les gens à peau foncée peuvent avoir besoin de 10 fois plus d'exposition dans les mêmes conditions d'ensoleillement. En hiver, cette vitamine liposoluble est stockée pendant de longues périodes de temps, principalement dans le foie et les tissus adipeux.

 

Généralement les gens affirment qu'ils vivent dans une partie du monde où le soleil ne brille pas. Ceci n'est bien sûr pas vrai; il y a toujours eu assez de soleil pour promouvoir une bonne santé. Tenez compte du fait que des gens ont vécu dans des latitudes nord et sud élevées depuis le Canada jusqu'à la Nouvelle-Zélande depuis plus de 15 000 ans, sans prendre de suppléments de vitamine D. Et beaucoup de ces gens avaient une pigmentation de peau plus foncée que le caucasien nord-européen typique à peau très blanche.

 

Les études high-tech environnementales sur la pénétration de la lumière du soleil dans le monde entier confirment l'abondance de rayonnement ultraviolet disponible pour produire de la vitamine D chez les gens, même pour ceux qui vivent dans des latitudes plus élevées. Arrêtez-vous une minute et considérez qu'il y a suffisamment d'énergie venant du soleil pour faire pousser d'énormes forêts tropicales, comme la forêt tropicale Great Bear, qui va de Vancouver, au Canada à la frontière de l'Alaska. L'énergie est disponible, mais les gens doivent en profiter.

 

En réponse à un taux de vitamine D bas

 

J'encourage les gens à éviter les tests de sang de routine pour les taux de vitamine D (la 25-hydroxy vitamine D). Il n'y a rien à gagner; un ensoleillement adéquat et bien manger sont «donnés», indépendamment des résultats des tests de sang. Divers experts considèrent de larges fourchettes de valeurs de tests suffisantes, entre 12 et 100 ng/ml. Les gens avec et sans exposition adéquate au soleil sont généralement trouvés carencés quand c'est basé sur ces résultats sanguins. Finalement, et le plus important, traiter des tests sanguins anormaux avec des suppléments de vitamine D nuit aux gens, au moins en provoquant plus de fractures. Donc il n'y a pas de niveau de vitamine D découvert par un test sanguin qui, en temps que médecin, me ferait prescrire des suppléments de vitamine D à un de mes patients.

 

Je recommande aux gens de s'exposer à autant de soleil qu'ils peuvent tolérer. Cela peut signifier de laisser leur peau devenir légèrement rougeâtre de temps en temps. Les lésions cutanées, cependant, doivent être évitées en raison des conditions graves précancéreuses (kératose actinique), les cancers de la peau et le vieillissement accéléré viennent d'une surexposition.

 

Recentrer les médecins, les diététiciens et autres professionnels de la santé permettra de résoudre les problèmes de santé de leurs patients en les nourrissant avec une alimentation à base de féculents. Les aliments inflammatoires seront ainsi évités et les maladies chroniques seront améliorées ou guéries. Et, comme un avantage secondaire, la 25-hydroxyvitamine D peut naturellement s'élever vers des chiffres considérés comme «normaux» par les entreprises médicales et pharmaceutiques qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas.

 

Source : Vitamin D Supplements Are Harmful—Sunshine and Food Determine Health

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Commentaires: 3
  • #1

    mayla (vendredi, 14 juillet 2017 18:31)

    Merci pour cette intervention vitale qui remet les choses en place.
    Confirmation de mes propos dans ses grandes lignes

  • #2

    Abc (vendredi, 22 décembre 2017 22:54)

    Bonjour,
    Par rapport au soleil, j'ai un souci, rougir legerment ne serait pas le probleme, mais ça me donne des taches j'ai toujours eu des problemes de pigmentation, comment faire pour m'exposer sans etre couverte de taches jaunes et brunes ?

  • #3

    Nico Starchivore (lundi, 25 décembre 2017 16:04)

    Bonjour,

    que disent les dermatologues ?