La maladie de Parkinson et autres tremblements liés à l'alimentation - Newsletter du Dr McDougall

Traduction Nico Starchivore

 

James Parkinson initialement décrit un état de "paralysie tremblante" en 1817, devenu par la suite connu comme la maladie de Parkinson. Cette condition est devenue la deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente (après la maladie d'Alzheimer), qui touche environ 1% de la population des plus de 65 ans aux États-Unis. Les personnes gravement touchées par la maladie de Parkinson ont un tremblement typique dans leurs mains et leur tête au repos, une rigidité, une faiblesse, des mouvements lents, et une instabilité posturale. Ils font de petits pas quand ils marchent et ont des troubles de la parole et de la déglutition. Au cours du temps, la progression de la maladie entraîne souvent une perte de la fonction mentale (démence).

La maladie de Parkinson est provoquée par la détérioration d'une zone du cerveau appelée substantia nigra (à cause de sa couleur sombre). La substantia nigra produit de grandes quantités d'un neurotransmetteur, la dopamine. La carence en dopamine est la fonction caractéristique de la maladie de Parkinson. L'insuffisance de production de cette substance neurotransmetteur affecte négativement les nerfs et les muscles qui contrôlent le mouvement et la coordination, causant les principaux symptômes caractéristiques de la maladie de Parkinson.

L'acteur Michael J. Fox et le boxeur Mohammed Ali font partie des gens célèbres vivant aujourd'hui avec cette affection invalidante. L'état de M. Fox a commencé à 29 ans et dure depuis plus de 20 ans. C'est une exception puisque la plupart des patients ne présentent des signes de maladie de Parkinson qu'après l'âge de 50 ans.

 

M. Fox a levé 214 millions de dollars pour sa fondation Parkinson. Même s'il a été rapporté qu'il est intéressé par les alimentations végétariennes, sa fondation s'est concentrée sur la recherche sur les cellules souches, ce qui a été, et continuera probablement d'être, une voie sans issue. Au lieu de cela, comme avec la plupart des autres maladies chroniques, l'accent devrait être mis sur les causes alimentaires hautement probables de la maladie de Parkinson. Corriger la cause pourra au moins ouvrir de nouvelles voies en matière de prévention.

 

L'alimentation occidentale provoque la maladie de Parkinson 

 

Le contact le plus fort que nous avons avec notre environnement est notre nourriture. Par conséquent, l'observation des variations des effets des maladies sur les populations devrait immédiatement conduire les chercheurs à concentrer leur attention sur les aliments que les gens mangent. L'incidence de la maladie de Parkinson est relativement élevée dans toute l'Europe et en Amérique du Nord. En revanche, les africains ruraux, les chinois et les japonais, dont les alimentations ont tendance à être végétaliennes ou quasi-végétaliennes, ont des taux nettement inférieurs. L'observation que l'incidence de la maladie de Parkinson est similaire chez les afro-américains et les blancs, qui mangent tous l'alimentation occidentale, indique en outre que des facteurs environnementaux, et non la race ou la génétique, sont responsables de la maladie de Parkinson. Des aliments spécifiques ont été ciblés. Par exemple, la consommation de lait aux alentours de la quarantaine s'est retrouvée associée avec un développement ultérieur de maladie de Parkinson. Les hommes qui consomment plus de deux verres de lait ont deux fois l'incidence de maladie de Parkinson que les hommes qui ne boivent pas de lait de vache. Une étude de prévention du cancer de l'American Cancer Society a trouvé presque deux fois l'incidence de maladie de Parkinson dans les plus gros consommateurs de lait.

 

Trois mécanismes possibles pour une alimentation responsable de lésion cérébrale

 

Après avoir accepté la possibilité que la maladie de Parkinson est due, au moins en partie, à ce que nous mangeons, alors la prochaine question logique est : de quelle manière se produit cette lésion ? Notre alimentation pourrait tuer les cellules productrices de dopamine de substantia nigra de trois façons courantes :

 

1) Réactions auto-immunes

 

Un mécanisme probable commence par une destruction de la barrière hémato-encéphalique par des composants alimentaires, en particulier les matières grasses. Une fois que cette barrière devient inefficace (perméable) les cellules immunitaires (anticorps) produites à l'extérieur du système nerveux peuvent entrer dans le liquide céphalo-rachidien et attaquer les cellules du cerveau. Les protéines laitières sont connues pour causer ce genre de réaction, connue sous le nom de mimétisme moléculaire. Chez les personnes sensibles, des protéines de lait de vache peuvent entrer dans la circulation sanguine depuis l'intestin. Le corps reconnaît cela comme une protéine étrangère, comme un virus ou une bactérie, et fabrique des anticorps contre elle. Malheureusement, ces anticorps ne sont pas spécifiques aux protéines de lait de vache; ils trouvent des protéines similaires dans le système nerveux.

 

2) Maladie vasculaire

 

L'altération de l'approvisionnement en sang au cerveau causée par les obstructions vasculaires conduit à la mort des tissus du cerveau. Les mécanismes sont les mêmes que ceux qui conduisent à des crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux courants. Un lien suggéré entre la maladie de Parkinson et l'athérosclérose est le fer, un nutriment associé à la consommation de viande.

 

3) Produits chimiques dans l'environnement

 

La plupart des pesticides fonctionnent en perturbant le système nerveux des insectes, alors trouver des lésions cérébrales chez les personnes exposées aux pesticides et autres produits chimiques environnementaux n'est pas une surprise. Des exemples convaincants de cette toxicité pour le cerveau sont observés chez les personnes qui travaillent avec des produits chimiques toxiques; par exemple, des éleveurs de moutons qui ont été exposés aux pesticides organophosphorés (dans le cadre d'immersion des moutons pour les débarrasser des infestations) ont eu des résultats nettement plus mauvais que des éleveurs non exposés, en faisant des tests pour évaluer une attention soutenue et la vitesse de traitement de l'information.Des études montrent que l'exposition aux pesticides et insecticides causent la maladie de Parkinson chez l'homme en endommageant les cellules du cerveau des personnes génétiquement prédisposées. Un insecticide, la dieldrine, est parmi les coupables les plus probables. Les patients atteints de maladie de Parkinson ont une capacité réduite de désintoxication de ces composés toxiques. Les systèmes enzymatiques qui métabolisent ces produits chimiques endommageant le cerveau sont le résultat de  caractéristiques génétiques. Les concentrations des composés de dieldrine dans la substantia nigra étaient significativement plus élevés dans les tissus des malades de Parkinson.

 

Bioaccumulation des pesticides dans les animaux

 

Les plus hauts niveaux de pesticides se trouvent dans les aliments du haut de la chaîne alimentaire—ce qui signififie les aliments d'origine animale. On estime que 89% à 99% de l'apport de produits chimiques dans notre corps vient de notre alimentation, et la plupart de ceci vient d'aliments du haut de la chaîne alimentaire : la viande, la volaille, les œufs, le poisson et les produits laitiers. Les poissons et toute autre vie marine sont des sources particulièrement importantes de produits chimiques endommageant le cerveau comme les biphényles polychlorés (PCB) et le méthylmercure (MeHg).

Le scénario ressemble à ceci : de faibles concentrations de produits chimiques environnementaux sont présents dans les algues et dans l'eau de mer. Les poissons consomment ces poisons; les concentrent dans leur propre graisse corporelle; les vaches mangent de la farine de poisson, et concentrent ces déchets nocifs encore plus dans leur graisse; puis les poulets mangent les restes de vache mortes et les toxines s'accumulent encore plus dans leur chair. Finalement les gens reçoiventent les plus fortes doses, parce qu'ils sont au sommet de la chaîne alimentaire. Pire encore sont les conséquences pour les petites personnes—les plus grandes concentrations de contaminations nocives sont transmises aux bébés par des mères qui les allaitent alors qu'elles sont surchargées de polluants. Il faut comprendre que cette accumulation est à vie, et donc, ce que vous avez fait étant enfant peut venir vous rattraper étant adulte sous la forme de défauts de naissance de vos enfants, de cancer et de lésions cérébrales. Heureusement, une alimentation propre protège contre une exposition aux produits chimiques et aide à les faire sortir du corps.

 

Un régime à base de féculents aide les personnes ayant la maladie de Parkinson

 

On peut s'attendre à la prévention d'une progression de cette forme de détérioration neurologique en supprimant les causes alimentaires. Cependant, une fois que le tissu cérébral est détruit, il ne faut pas s'attendre à ce qu'il se régénère. La prévention est la clé.

La production de dopamine dans le cerveau est réduite par de mauvais choix alimentaires et renforcée lorsque le régime alimentaire est riche en hydrates de carbone (féculents) et faible en protéines animales. Les glucides augmentent la production de dopamine dans le cerveau en permettant un passage plus facile du précurseur de la dopamine, la tyrosine, à travers la barrière hémato-encéphalique dans les liquides entourant le système nerveux (les liquides céphalo-rachidiens). La viande, la volaille, les oeufs et les produits laitiers sont riches en acides aminés neutres lourds qui bloquent l'entrée du précurseur de la dopamine, la tyrosine, dans le cerveau. Un rapport d'enquête a suggéré qu'une alimentation faible en produits animaux est bénéfique pour les personnes qui ont déjà développé la maladie de Parkinson. Un homme de 75 ans malade de Parkinson depuis huit ans est passé à un régime quasi-végétarien depuis deux ans. Pendant ce temps, sa maladie de Parkinson ne semble pas avoir progressée, sa posologie de médicaments (levadopa) n'a pas augmentée, et sa qualité de vie a été rapporté comme s'étant améliorée—un parcours atypique pour cette maladie.

On peut s'attendre avec une alimentation saine à un résultat de perte de graisse corporelle excessive, ce qui permettra d'améliorer la mobilité. Les personnes atteintes de maladie de Parkinson souffrent souvent de constipation, qui est soulagée par les fibres alimentaires contenues dans les aliments végétaux et par l'élimination des protéines laitières, qui paralysent les intestins. Considérons l'image totale : les gens qui ont la maladie de Parkinson doivent être en aussi bonne santé que possible, et ils ont surtout besoin d'éviter des problèmes comme l'obésité, le diabète de type 2, l'insuffisance vasculaire, l'arthrite, et des dysfonctionnements intestinaux, connus pour être provoqués par l'alimentation occidentale. Vous ne devriez pas vous attendre à ce que les tissus du cerveau qui ont été perdus repoussent; ni à ce que les fonctions perdues reviennent. Ralentir ou arrêter la progression de la maladie de Parkinson est votre objectif réaliste.

 

Une alimentation à base de féculents, faible en protéines animales, améliore l'efficacité des médicaments

 

La carence en dopamine est la fonction caractéristique de la maladie de Parkinson. Malheureusement, la dopamine dans le cerveau ne peut pas être remplacée en prenant une pilule de dopamine, car cette substance chimique naturelle ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique pour reconstituer le liquide céphalorachidien. La découverte en 1968 d'un isomère de dopamine, la lévodopa, était une révolution majeure dans la gestion de la maladie de Parkinson, qui dure encore aujourd'hui. La lévodopa traverse aisément la barrière hémato-encéphalique et est ensuite convertie en dopamine une fois qu'elle entre dans le système nerveux. Le médicament est tellement spécifique que "test de défi à la lévodopa" peut confirmer un diagnostic de la maladie de Parkinson. Si les symptômes d'un patient s'améliorent, alors il est susceptible d'avoir la maladie de Parkinson, excluant d'autres maladies neurologiques.

La lévodopa et les protéines alimentaires utilisent le même système de transport dans l'intestin et la barrière hémato-encéphalique, rivalisant pour l'accès au sang et au liquide céphalo-rachidien. Par conséquent, une alimentation riche en protéines, basée sur les viandes, les produits laitiers, les œufs et le poisson aboutissent à une concurrence qui réduit l'efficacité du médicament. La lévodopa est souvent vendue en combinaison avec un autre médicament, la carbidopa, qui ralentit la dégradation de la lévodopa. L'efficacité de la lévodopa tend à diminuer après quatre à cinq années d'utilisation. Les patients sont souvent conseillés d'éviter les protéines (viande, volaille, poisson et oeufs) pendant la journée et de limiter ces aliments au repas du soir afin d'améliorer l'efficacité de leurs médicaments. Cependant, la consommation de ces aliments d'origine animale au repas du soir signifie que le patient ne peut pas bouger pendant toute la nuit, étant incapable de se retourner dans son lit, de se lever pour aller aux toilettes, ou d'ajuster sa literie. La croyance erronée que les aliments d'origine animale sont la seule source fiable de "bonnes" protéines conduit à ce genre de mauvaise gestion des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. La vérité est qu'une alimentation à base de féculents (pauvre en acides aminés neutres lourds concurrents) fournit toutes les protéines et les acides aminés nécessaires et devrait être le régime alimentaire des personnes qui ont la maladie de Parkinson (et de celles qui ne l'ont pas) au cours de chaque jour et nuit.

 

Les tremblements essentiels venant de la consommation de viande

 

Le tremblement essentiel (TE), un type de tremblement involontaire sans cause connue, est parmi les maladies neurologiques les plus répandues, touchant 4% des personnes âgées de 40 ans et plus, et 6,3% des personnes de 60 ans et plus. Le tremblement est le plus souvent dans les mains, mais peut toucher la tête, les paupières, les cordes vocales, et tous les autres muscles. L'harmane est un bêta-carboline alcaloïde puissant qui produit des tremblements et se trouve en forte concentration dans les aliments musculaires (boeuf, poulet et porc); la cuisson de ces viandes conduit à de nouvelles augmentations de concentrations. Ainsi, la quantité d'harmane dans la viande cuite varie en fonction de la température et du temps de cuisson. Cuire à la poêle et au grill/barbecue produit les concentrations les plus élevées. Le taux élevé d'harmane dans le sang peut aussi être dû en partie héréditairement à une capacité réduite à le métaboliser en substances inactives. Vous ne devriez pas vous attendre à ce que les tissus du cerveau qui ont été perdus repoussent; ni à ce que les fonctions perdues reviennent. Ralentir ou arrêter la progression des tremblements est votre objectif réaliste.

Les médicaments, tels que les bêta-bloquants (propranolol), les tranquillisants (clonazépam) et les médicaments anticonvulsivants (primidone), sont recommandés pour le traitement, mais ont peu d'avantage avec des effets secondaires importants.

 

Détoxifier l'organisme avec les féculents

 

Éliminez les aliments du haut de la chaîne alimentaire (viandes et produits laitiers) de votre alimentation et remplacez-les par des aliments du bas la chaîne alimentaire (féculents, légumes et fruits de préférence de culture biologique) afin de nettoyer votre corps. Le corps humain possède des systèmes de désintoxication qui ont évolué pendant plus de 300 millions d'années pour protéger les animaux contre les toxines naturelles présentes dans les plantes. Ces mêmes systèmes vont aussi débarrasser votre corps des polluants synthétiques. Ces composés naturels de détoxication se trouvent dans les plantes, et sont aussi de puissants inhibiteurs de cancer causé chimiquement. De plus, l'énergie nécessaire pour les processus de détoxication est le plus efficacement fournie par la combustion propre des glucides trouvés dans les plantes (la viande, le poisson, la volaille et les huiles végétales n'ont pas d'hydrates de carbone et le fromage n'en contient que des quantités minuscules). Sans surprise, la malnutrition venant de la sous- et de la sur-alimentation (comme ce que mangent les gens avec l'alimentation américaine) mène presque invariablement à une réduction de capacité à désactiver ces polluants et augmente donc leur toxicité.

Perdre du poids avec n'importe quelle alimentation libère les polluants stockés parce que la graisse corporelle est dissoute. C'est une bonne chose, surtout quand l'alimentation que vous utilisez pour perdre de poids est faible en polluants et pleine de substances détoxifiantes. En un rien de temps la consommation d'une alimentation saine va nettoyer votre corps des produits chimiques qui endommagent le cerveau et va restaurer les tissus afin de prévenir la maladie de Parkinson et des lésions systémiques.

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